La saison hivernale qui inquiète tous
Qu'avons-nous fait au ciel?
Au Burkina Faso l’hivernage boude cette 2020 sur
quasiment toute l’étendue du territoire
national. On a enregistré quelques peu de pluies depuis le mois de mai.
Des agriculteurs aux salariés, tous sont inquiets de ce que cette saison
réserve.
Ce champ labouré
n'attend que la pluie
Vouuuurhhhh ! Un vent sec et chaud souffle sur le champ
de M. Léonard Kaboré, cultivateur résidant à Laye, à quelques 25Km de
Ouagadougou. M. Kaboré est désespéré. Son champ ressemble à un terrain de
football. On ne voit presque pas
d' herbe dans la surface cultivable.
Depuis le mois de mai, il attend une vraie pluie comme ils
le disent, pour pouvoir semer mais en vain. Il passe ses journées comme
beaucoup d’ailleurs, à scruter le ciel avec tout son espoir. Il nous confie
ceci : « j’ai peur pour cette année hivernale. J’ai défriché mon
champ depuis mars avec l’espoir de semer en mai ou en début juin. Mais
jusque-là, rien. Je suis vraiment inquiet car la pluie n’a aucune règle. On ne
peut dire que si la saison a commencé tard, elle s’étendra pour que récoltes
mûrissent. Non. Elle peut débuter tard et s’arrêter très tôt. Nous vivons déjà
de la SO.NA.GES. Et cette dernière ne tiendra pas jusqu’à l’année prochaine
sans ravitaillement. ».
Ailleurs tel
que dans le Nord, le Plateau-central ou le Centre-nord, la réalité est
la même selon des témoins. Mais tous n’ont pas seulement l’inquiétude de M.
Kaboré. Pour beaucoup, l’inquiétude va à l’endroit des victimes du terrorisme.
Surtout les déplacés internes. Déjà que le gouvernement peine à joindre les
deux bouts pour leur donner le minimum pour survivre, qu’adviendrait-il si on
ne récolte pas par faute de pluie ?
Les agriculteurs ne sont pas les seuls à se soucier de l’hésitation
de la saison pluvieuse. Les citadins
tels que des fonctionnaires
publics, libéraux et des
commerçants aussi sont dans l’inquiétude. Un commerçant vivant à Ouagadougou s’exprime en ces termes la mine renfrognée : « si
la saison n’aboutit pas, mes charges vont se multiplier. La culture africaine
nous oblige à soutenir nos proches parents et même lointains souvent. Je dois
payer des vivres pour mes parents qui sont au
Plus que
jamais, nous devons trouver des solutions pour stocker l'eau de nos quelques
pluies
village pour la
période de soudure déjà. Donc, j’imagine ce que j’aurai comme charge si jamais la saison ne donne pas
bien. ».
Cette
situation laisse la population dans l'angoisse. Alors, vivement que le
ciel entende les plaintes de désespoir et qu’il pleure de joie, au grand
bonheur des Burkinabè.

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