Reprise de cours : quand le gouvernement use d’une décision sournoise pour sauver sa peau

Le gouvernement a décrété la réouverture des classes après une longue rupture des cours due au COVID19. Cette reprise statuée pour le 1er  juin concerne uniquement les classes d’examen. Pour les autres classes, ce sont des vacances anticipées. Que dire de la reprise sous ce format ?
                                        
                   Depuis le 14 mars 2020, le gouvernement a fait suspendre les cours compte tenu de la maladie à coronavirus. Cette division avait été saluée par tous. Il s’agissait d’une question de santé. Nul ne pouvait s’insurger ou mettre cela en cause. Durant tout le mois de mai, le gouvernement a passé le temps à hésiter sur la date de la reprise des cours. D’abord, de la date du 28 avril, ensuite le 4 mai, on est passé au 25 mai. Et finalement, on a campé sur le 1 juin. Aussi, cette reprise ne concerne que les élèves en classe d’examen, c’est-à-dire CM2, 3ème et Terminale. Les autres sont envoyés en vacance anticipée et forcée. Non seulement les enfants sont envoyés en vacance, mais leurs enseignants surtout. Qu’est-ce qui justifie une telle décision ?
Ouaro avait pourtant rassuré que le gouvernement mettrait tout en œuvre pour que tous les élèves reprennent les cours dans des conditions sanitaires optimales. La chanson des cache-nez a fait le tour de toutes les oreilles. Même que l’armée avait été mise à contribution pour la confection. Finalement, le gouvernement dit ne pas pouvoir satisfaire le besoin général en matériel pour que tous les enfants puissent reprendre les cours. Il évoque aussi le problème sur le risque d’envoyer les enfants à l’école pendant la saison hivernale. Le gouvernement est-il vraiment à court de moyen pour résoudre le problème ou y a-t-il anguille sous roche ?
Nous pensons que soit il y a une médiocrité ou une incapacité de la part du gouvernement, soit ce dernier trouve en cette décision, une aubaine pour se défaire d’un autre problème. Si ce n’était que le problème de moyen, nous pensons que les parents pouvaient s’en occuper. Ne serait-ce que pour les cache-nez. Concernant aussi la saison hivernale, il faudra faire avec. Nous avons organisé notre système éducatif en fonction du climat. S’il pleuvait sur toute l’année on n’aurait aucune excuse pour parler de risque. D’ailleurs le risque est constant. Nous pensons que le problème est tout autre.
 Rappelons-nous une chose importante. Le coronavirus est tombé au Burkina pile au moment des tiraillements entre le gouvernement et les syndicats des travailleurs à propos de l’impôt unique de traitement des salaires (IUTS). Les syndicats de l’enseignement étaient les plus fougueux et leur lutte a commencé bien avant la question de l’IUTS. On se souvient d’ailleurs de l’année 2017/2018 qui a failli être une année blanche. Ceci nous amène à penser que le gouvernement tente de disperser les acteurs susceptibles de l’empêcher d’avoir des nuits paisibles. Et nous condamnons fermement cela. L’éducation des enfants ne doit pas être prise en otage pour des fins égocentriques.
Aussi, le gouvernement semble avoir engagé cette reprise des cours sans avoir pris en compte les avis controversés des acteurs concernés. S’il voulait des solutions, cette démarche était nécessaire. Et rien ne prouve qu’en dispersant les enseignants, ils laisseront tomber leurs grognes. Surtout avec les examens qui approchent. Les enseignants pourraient boycotter ces examens. Ce qui n’arrange pas notre système éducatif déjà malade. Ni, les enseignants, ni les parents ne vont pardonner cela.
Le gouvern-et-ment aurait dû réfléchir par deux fois, avant de prendre une telle décision, surtout qu’on est à la veille des élections. Et parlant d’élections ; il n’y a pas de moyens pour envoyer tous les élèves à l’école, mais pour effectuer des opérations d’enrôlement, aucun problème de moyens.






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